Reflexodrome

"I HAVE A DREAM..."

LA GRANDE MARCHE SUR WASHINGTON

28 août 1963

 

 

LA GENESE DE L'IDEE

L'idée d'une grande marche sur Washington, la capitale fédérale des Etats-Unis, existait depuis bien longtemps. Plus précisément, A. Philip Randolph avait émis cette idée en 1941, pour mettre la pression sur le président Roosevelt, afin qu'il permette aux noirs d'avoir eux aussi accès aux emplois dans l'industrie de l'armement, florissante pendant la seconde guerre mondiale. Roosevelt céda, et la marche n'eut jamais lieu.

Près de 20 ans plus tard, à la fin de l'année 1962, Randolf discuta avec d'autres leaders de l'opportunité d'organiser une telle marche, au même moment où Martin Luther King cherchait de son côté une forme de protestation plus retentissante que les actions non-violentes qu'il avait prônées jusque là.

Durant l'année 1963, le président Kennedy a cédé aux actions non-violentes organisées par Martin Luther King, et a envoyé au Congrès américain une proposition de loi mettant un terme aux pratiques ségrégationistes, notamment en ce qui concerne le droit au vote, l'accès à l'éducation, la liberté d'aller et venir dans tout lieu.

Le Congrès ne s'est pas montré pressé de ratifier la loi, et l'un des buts avoués de la future marche était de lui envoyer un signal fort.

Six des leaders historiques de la lutte pour les droits civiques se mirent d'accord le 2 Juillet 1963 pour la marche. Il s'agissait outre de Martin Luther King et de A. Randolph de:
Roy Wilkins (du NAACP, National Association for the Advancement of Coloured People)
John Lewis
Withney Young.

Bayard Rustin fut nommé cordinateur de la marche.

LES REVENDICATIONS

– La ratification immédiate et sans modification de la proposition de loi faite par Kennedy.
– L'arrêt de toute ségrégation dans les établissements scolaires
– Mise sur pied d'un grand programme destiné à fournir des emplois à tous les chômeurs, en apportant les formations nécessaires et en mettant sur pied un programme de placement
– Publication d'une loi fédérale prohibant la discrimination raciale à l'embauche, pour un emploi public comme privé
– Retrait des subventions fédérales pour les programmes continuant la discrimination
– Application plus stricte du 14è amendement, avec la réduction du nomre de représentants dans les états où certains citoyens sont discriminés.
– Permettre au Ministre de la Justice de déclencher des poursuites en cas de violation des droits constitutionnels.


UN GRAND SUCCES

La marche fut un succès probablement bien plus grand que ce que ses organisateurs auraient pu souhaiter.
250.000 personnes se sont déplacées jusqu'à Washington dont 60.000 blancs.
Aucune manifestation n'avait réuni autant de personnes avant cette date aux Etats-Unis.
Bien que l'armée fut mobilisée par le président Kennedy, qui avait permis la marche, elle n'eut pas à intervenir parce que la manifestation se déroulera de façon entièrement pacifique.

Bien qu'aujourd'hui on se souvienne surtout du discours de Martin Luther King, les 5 autres leaders précédemment cités, A. Philip Randolph, Withney Young, James Farmer, Roy Wilkins et John Lewis ont tous pris la parole durant cette journée.

Le 22 Novembre le président Kennedy était assassiné à Dallas, mais le 2 Juillet 1964, le Congrès a ratifié le Civil Right Act qui rendait inconstitutionnel toute forme de discrimination dans le vote ou dans les lieux publics.