LE CHEVEU BLANC

 

J'avoue j'l'avais pas vue la vile canaille

Bien cachée dans mes cheveux en bataille

Juste un point scintillant dans la grisaille

Comme un nuage annonciateur de grisaille

Me voilà donc planté devant ma glace

Epiant cet intrus noyé dans la masse

Une paire de ciseaux à la main

Prêt à terrasser l'importun

 

REFRAIN 1:

Il s'est pointé un beau matin

Au milieu d'mes cheveux châtains

Il paraît qu'faut pas le toucher

Un d'arraché, dix de repoussé

 

Puis j'ai pris rendez-vous chez mon coiffeur

Pour qu'il me dise comment faire

C'est sûr lui l'expert capillaire

Connaît un remède salutaire

Mais voilà qu'il sourit, et puis me dit

"Il n'y a rien à faire, c'est la vie"

Qu'il rêve d'une couleur "poivre et sel"

Qui rend la jeunesse éternelle

 

REFRAIN 2 :

C'est un colon, c'est un pionnier

Il s'est pour de bon installé

Et puis d'ici quelques années

Il se sera démultiplié

 

Une vingtaine d'année a passé

Et sur mon crâne tout argenté

Je cherche mon premier cheveu blanc

Poussé l'année de mes trente ans

Lui qui était si fier d'être différent

Est désormais rentré dans le rang

Citoyen anonyme dans un paradis blanc

Peuplé de nombreux descendants

 

REFRAIN 3 :

De ma chevelure clairsemée

Un soir d'hiver il est tombé

Lui qui jadis fût le premier

Signe de ma jeunesse fânée

 

Quand tombera mon dernier cheveu blanc

De mon crâne devenu tout à fait nu

Alors je regretterai ce premier cheveu blanc

Qui sur ma tête se dressait fièrement

 

Premières strophes de ce texte jeté sur un papier au début de l'année 2007, retrouvé et achevé en décembre 2008.

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